Bildungsförderung Oberguinea e.V.
  • Le royaume mandingue et la colonisation


© Benjamin Kouadio

L'épopée de Soundiata Keita
Les découvertes archéologiques récentes (outils de forge) d'un groupe d'archéologues guinéen-polonais ont prouvé l'existence d'une occupation rurale de la région dès le VIème siècle. Nous savons, par les écrits arabes, que le Malinkés utilisaient la vallée du Niger (actuellement la Haute-Guinée) entre les VIIIème et XVIème siècles comme une grande réserve d'esclaves. Soundiata Keita a fondé le premier royaume Mandingue. Jusqu'au XIVème siècle, ce royaume fut une puissance économique reconnue bien au-delà de ses frontières. Au XVIIème siècle, le royaume se morcela en plusieurs groupes dont celui des Bambara était le plus important. Des centaines d'années plus tard, l'islamisation d'Omar Saidou Tall a mis fin au morcellement.

Samori Touré
Au XIXème siècle le grand stratège Samori Touré a réuni tous les petits royaumes de la vallée du Niger. Il institua un système éducatif ainsi que des structures administratives. Doté d'un armée moderne, il combatit avec succès le pouvoir colonial français jusqu'en 1898.

Colonisation
À partir 1900, la politique coloniale de la France s'étend en divisant artificiellement l'Afrique de l'Ouest en différents pays et dissémine entièrement le peuple mandingue. Pour cette raison, le malinké est parlée aujourd'hui au Sénégal, en Gambie, au Mali, en Guinée, en Guinée-Bissau, en Sierra Leone, en Côte d'Ivoire et au Burkina Faso.


  • L'indépendance de la Guinée (1958-1984)


Sékou Touré et Charles De Gaulle

, L'indépendance de la Guinée a été signée dans cette hutte à Dalaba

Le partage de l'Afrique (1885)
En février 1885, la Conférence de Berlin organisa le partage de l'Afrique. Il fut décidé que toutes les colonies africaines concernées, qui exigeraient leur indépendance devraient se soumettre aux puissances coloniales pendant 30 ans au moins. Ce n'est qu'après cette période qu'ils pourraient être complètement indépendants et autonome en matière de politique étrangère. (Dossier sur la colonisation).

L'indépendance de la Guinée (1958)
Les attendus de la conférence de Berlin étaient encore en vigueur lorsque le président français de l'époque Charles De Gaulle et l'homme politique guinéen Sékou Touré négocièrent l'indépendance de la Guinée. Charles De Gaulle utilisa les résolutions de la conférence et paralysa économiquement la Guinée en lui interdisant les collaborations économiques avec des pays tiers mais aussi avec la France elle-même.

Une négociation de 30 ans entre la Guinée et la France a commencé, à la surprise du leadership politique de Guinée. Il est fort probable que les mesures d'embargo de De Gaulle dissuadent d'autres États africains,

Embargo commercial
À l'étonnement des gouvernants guinéens, ce fut le début d'un embargo commercial de trente ans de la France contre la Guinée.
Il est très probable que les mesures d'embargo prise par De Gaulle devait dissuader d'autres états africains de suivre le mauvais exemple guinéen et de réclamer leurs indépendances.
Bien que l'interdiction du commerce entre la France et la Guinée ait été abrogée en 1988 et que le libre échange avec les pays tiers autorisée, le pays s'est limité au échanges commerciaux avec les pays de la Francophonie qui s'était constituée entre-temps.


Samori Touré

Sekou Touré et son célèbre mouchoir blanc

Le drapeau guinéen

La réforme de l'éducation de 1958
Après l'indépendance de la Guinée en 1958, le Président Sékou Touré a entrepris une réforme majeure de l'éducation. Les enseignants français ayant quitté le pays, il a décidé de former rapidement une première génération d'enseignants locaux en langue malinké. Le malinké était à l'époque la langue la plus utilisée dans les échanges commerciaux en Afrique. C'est à cette occasion que les premiers manuels scolaires ont été rédigés en malinké. Toute la campagne d'alphabétisation fut menée dans cette langue. Malheureusement, les enseignants furent formés à la hâte, et la réforme a rencontré une résistance croissante de la part de la population et a finalement échoué. Son importance n'a été reconnue que plusieurs années plus tard.

La dictature militaire
Touré finit par établir une dictature et régna presque trois décennies durant en tant que Syli (Grand Elephant). Des milliers d'intellectuels ont été torturés puis tués. La Guinée produit au moins deux millions de réfugiés pendant cette période. En dépit d'abondantes récoltes et de ses nombreux gisements de matières premières, la population était sous-alimentée.
Vers la fin de son mandat en 1980, des protestation croissante, en particulier venant des femmes, le forcèrent à infléchir sa politique intérieure.
En matière de politique extérieure, se rapprochant des pays de l'Ouest, il essaya d'obtenir des aides économiques. Il réussit à se réconcilier avec la France présidée par Giscard d'Estaing. Il a voyageait également en Afrique où il jouait souvent le rôle d'intermédiaire.

La mort de Sékou Touré (1922-1984)
Sa mort reste un mystère non résolu. Il décéda à Cleveland (USA) le 26 mars 1984. À ce jour, il n'est pas clair s'il s'agissait d'une mort naturelle ou d'un empoisonnement.
Après la mort de ce dirigeant plus ou moins populaire, Lansana Conté pris le pouvoir le 3 avril 1984 par un coup militaire violent. Les conséquences de cette dictature militaire se font encore sentir aujourd'hui.

  • La seconde dictature militaire de Lansana Conté (1984-2007)


Lansana Conté

Lansana Conté

Lansana Conté et Jacques Chirac

Après sa prise de pouvoir, Lansana Conté a instauré le français comme langue officielle. Pendant près de 25 ans, Conté a façonné une deuxième phase de l'indépendance de la Guinée. Sous sa dictature militaire, le pays s'appauvrit. À plusieurs reprises, ses adversaires ont essayé d'établir la démocratie - principalement Ba Mamadou Alpha Condé (président élu actuel), ainsi que Sidya Touré et Jean-Marie Doré. Toutes leurs tentatives furent infructueuses, se terminant par des effusions de sang, des exécutions arbitraires des insurgés et l'emprisonnement de nombreux adversaires politiques.

Transparency International a placé la Guinée à la quatrième place du classement mondial de la corruption en 2006. Aujourd'hui, 10 ans plus tard, elle est 142 sur 176 dans le classement des moins corrompus. Lorsque les syndicats du pays ont appelé à la grève générale en janvier et février 2007, le président Lansana Conté a ordonné des mesures de rétorsion sanglantes dans lesquelles 20 personnes ont été tuées et 500 blessées.

Après ces événements, Conté a tout de même bénéficié du soutien international et l'aide des pays voisins. À la fin de son règne, le président Lansana Conté, ainsi que beaucoup de ses ministres, ont profité de l'occasion pour retirer d'énormes sommes d'argent et piller le pays ne laissant au peuple qu'un état appauvri. L'ancien dictateur est mort en décembre 2007: il avait abandonné son peuple et laissé son pays plongé dans le chaos.

Conclusion

Bien que la Guinée soit indépendante depuis 1958, dispose de riche ressources en minerai et rempli donc toutes les conditions d'un possible développement vers la prospérité, les deux dictatures des 60 dernières années laissèrent le peuple dans une pauvreté absolue.
Depuis 2010, la Guinée a un président élu démocratiquement - Alpha Condé. Sa tâche la plus importante est d'enfin et, pour la première fois dans le pays, construire des infrastructures dans les domaines importants (transport, éducation, assainissement, énergie et approvisionnement en eau).

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